L’Alsace de Mulhouse DIMANCHE 24 NOVEMBRE 2019 (Compostelle 2019)


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patrickw
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Date du message : mardi 26 novembre 2019 à 16h02


L’Alsace de Mulhouse DIMANCHE 24 NOVEMBRE 2019 KINGERSHEIM Périple
Des souvenirs inoubliables pour un tandem de cyclotouristes

Jean-Marc Meistermann, malvoyant, et Patrick Wioland, son pilote, ont passé un mois au Portugal et en Espagne, le temps d’un périple à vélo, sur un tandem, qui les a notamment emmenés à Saint- Jacques-de-Compostelle.
Récit d’une belle aventure vécue en duo.
Tout a démarré il y a un an, lors d’une soirée dans les locaux du Cyclo-club de Kingersheim (CCK), association que les deux hommes fréquentent dans la section tandem. « Comme je fais également partie de l’association Défis Tandem Handisport, je savais qu’une escapade était prévue du 8 septembre au 8 octobre 2019 en Espagne et au Portugal, explique Patrick Wioland, un gendarme à la retraite. Il en parle à Jean- Marc Meistermann, un malvoyant de 52 ans (sa vue n’est que de 5 %).

Élan de solidarité :
Ce dernier aimerait bien embarquer, mais il a quelques détails à régler. Il fallait déjà que j'obtienne l’accord de mon employeur, Leroy Merlin, pour avoir cinq semaines de vacances à la file. Il me fallait aussi trouver des sponsors, car le coût du voyage, avec les auberges de jeunesse et les repas, revenait à 1700 € par personne.
Un formidable élan de solidarité a permis de faire le grand saut. « Leroy Merlin, les Cycles Kohler, Le Lions club, la société Kuchly de Sarrebourg (57) et notamment la FSGT m'ont permis de réunir cette somme et le Cyclo-club de Kingersheim a mis son véhicule à notre disposition, explique le sportif.

2300 km et des cols à franchir :
L'aventure a pu, ainsi, démarrer à Saint-Jean-Pied-de-Port, près de la frontière espagnole. Neuf tandems, dont notre duo alsacien, ont pris part à un circuit de 28 étapes, la plus importante étant de 108 km et un dénivelé de 2492 mètres. Le tracé total est de 2300 km avec trois jours de repos consacrés aux visites de Saint-Jacques-de-Compostelle , Porto et Pampelune. Nous avons emprunté en partie le circuit des pèlerins, explique Patrick.
Il y avait aussi beaucoup de cols à franchir, le plus haut culminait à 1230 m. « Heureusement que nous nous étions entraînés au col Amic et au Grand Ballon avant notre départ, témoigne Jean- Marc, qui avoue avoir surtout souffert de la chaleur : « 37 degrés, c'était dur pour moi ».

Le sportif avait un autre problème : Nous changions tous les soirs d’auberge de jeunesse et nous, malvoyants, aimons avoir des repères, notamment pour noùs rendre aux toilettes, ce n’était pas facile ! Rouler groupés était aussi difficile car les niveaux des coureurs n'étaient pas les mêmes, ce qui a créé quelques tensions. Enfin, il y a eu trois jours de pluie dense où les coureurs ont vraiment mouillé leurs maillots… Qu'importe, les souvenirs des deux hommes resteront à jamais gravés dans leur mémoire. Nous organiserons une soirée témoignage le 14 décembre pour nos membres du club, se réjouit Roger Frey, cadre du CCK, très fier d’avoir une nouvelle aventure à mettre à l’actif de sa section tandem.

Les « à-côtés » d’un voyage :
Une frayeur pour Patrick. - de service, durant une journée, pour véhiculer le matériel et les victuailles dans la camionnette du CCK, Patrick a découvert que le chauffeur du lendemain avait égaré les clés et que le double était resté à ... Kingersheim. Après de longues recherches de nuit, dans une forêt noire avec une lampe de poche, la clé a été miraculeusement retrouvée. « J'ai vraiment eu une grosse frayeur alors que les autres participants n'avaient cure de mon souci », témoigne Patrick, encore marqué par le souvenir de ces heures d’angoisse.

Les cachets du pèlerinage.-
Les deux sportifs ont gardé fièrement les cachets apposés sur leurs carnets, qui prouvent leur passage à toutes les étapes du chemin de Compostelle. « La visite de la basilique et la foule qui s’y pressait nous ont vraiment impressionnés », témoignent-ils en chœur.

Pannes à gogo.-
Le tandem des deux sportifs a eu plusieurs pannes. « Nous avons eu des crevaisons, les rayons d’une roue ont été endommagés, une chaîne a lâché, mais le plus grave a été une roue fendue, un défaut de fabrication. Heureusement que le système D a fonctionné pour remplacer ce matériel dès le début du parcours.
Ah, cette paella.- On ne visite pas l'Espagne sans déguster une paella. Jean-Marc n’a pas dérogé à la règle, à trois jours de l’arrivée. Hélas, la digestion ne s’est pas faite comme il l'aurait souhaité et l’homme a connu quelques problèmes gastriques en fin de parcours, ce qui ne l'empêche pas d’avoir trouvé l'aventure merveilleuse.

Jean-Paul FREY (journaliste à l'Alsace)